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Un usage responsable des médicaments en Belgique pourrait générer au moins 400 millions d’euros pour l’innovation

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Un rapport d’IMS Health qui vient d’être publié démontre que jusqu’à approximativement 1,6% des dépenses annuelles dans les soins de santé en Belgique pourraient être évités. Cela correspond à un montant de 400 millions d’euros, lesquels pourraient être réinvestis dans les soins de santé, par exemple dans des traitements innovants, un plus large accès aux médicaments, des campagnes de prévention ou encore une modernisation de l’infrastructure hospitalière.



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L’étude d’IMS Health démontre que la Belgique reste dans le top 4 des pays européens en matière d’investissements par habitant dans les médicaments innovants. Toutefois, pour maintenir ce niveau d’investissements dans les médicaments innovants, tous les acteurs en Belgique – en ce compris le patient – devront faire un effort.

C’est la raison pour laquelle IMS Health a étudié comment réaliser des économies dans le secteur de la santé en limitant des coûts évitables, dans le but de réinvestir ce montant dans l’innovation pour le secteur de la santé.

Quatre domaines dans lesquels des économies pourraient être réalisées ont été étudiés : la faible observance thérapeutique aux statines, la prescription inadaptée et excessive d’antidépresseurs, la surutilisation d’antibiotiques et les hospitalisations résultant d’erreurs médicamenteuses. Cette liste n’est toutefois pas limitative. Des économies sont également possibles dans d’autres domaines.

Le manque d’observance thérapeutique des patients induit une inefficacité des médicaments, ce qui conduit à une augmentation des complications et des coûts. Si l’on pouvait élever l’observance aux statines (c-à-d des réducteurs de cholestérol) à 90%, cela pourrait rapporter chaque année approximativement 82 millions d’euros, grâce aux hospitalisations ainsi évitées. Cet exercice pourrait être répété pour de nombreux autres médicaments tels que les antihypertenseurs et d’autres traitements chroniques.

Une comparaison avec l’utilisation des antidépresseurs dans deux de nos pays limitrophes – la France et les Pays-Bas – révèle qu’en Belgique, chaque année, un coût d’environ 70 millions d’euros pourrait être évité si les antidépresseurs n’étaient pas surconsommés et mal utilisés. Pour atteindre ce but, les autorités devraient davantage axer leur politique sur un comportement prescripteur qualitatif, le contrôle de la mauvaise utilisation des antidépresseurs et la prévision d’autres solutions pour le traitement des dépressions.

La mauvaise utilisation des antibiotiques et la résistance aux antibiotiques constituent un problème de santé mondial. Grâce à différentes campagnes des autorités, la consommation d’antibiotiques en Belgique depuis 2000 a diminué de 36%. Mais malgré cette diminution, la Belgique demeure dans le peloton de tête de la consommation d’antibiotiques en Europe avec 12 pilules d’antibiotiques par an par Belge, soit deux fois plus qu’aux Pays-Bas. Avec un comportement prescripteur similaire à celui des Pays-Bas, une économie annuelle de 70 millions d’euros pourrait être réalisée.

Quant aux erreurs médicamenteuses et à leurs conséquences, elles ont été relativement peu étudiées, mais elles ont un lourd impact sur les budgets. On estime que chaque année, pas moins de 42.000 hospitalisations sont à imputer à des erreurs médicamenteuses. Le coût économique de ces erreurs médicamenteuses évitables s’élève à plus de 200 millions d’euros.

Selon Carlo Ciapparelli, General Manager pour l’Europe du Nord chez IMS Health : "Dans l’actuel climat économique, la promotion d’un usage responsable des médicaments devrait être une priorité clé pour les décideurs politiques de la santé. L’innovation pharmaceutique est un contributeur évident et important pour la santé d'une société, mais en période de contrainte économique, les organismes payeurs ont souvent des difficultés à tirer pleinement parti de celui-ci. Nous croyons qu'il est important d'identifier les champs d’intervention visant à libérer des moyens financiers pour financer plus vigoureusement l'innovation dans les soins de santé".

Carlo Ciapparelli conclut en disant : "Nous avons sélectionné ces 4 domaines mais notre rapport n’a pas pour vocation d’être exhaustif. Il doit servir à ouvrir le dialogue sur le sujet et stimuler les autres parties prenantes à participer au débat".

 

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